

Tentez de gagner votre exposition photo à Arles !



Votez pour votre finaliste préféré.


Les artistes éligibles peuvent maintenant envoyer leur dossier de candidature.




Tous les résultats du concours ! Qui se produira dans le cadre des Printemps de Bourges ?


EXCLU ! Ecoutez la compilation SFR Jeunes Talents 2010


Rendez-vous bientôt pour découvrir les 3 lauréats dont les vidéos seront diffusées à la télévision.


Le jury dévoilera bientôt sa sélection de lauréats et finalistes.


Les Jeunes Talents chroniqués à la radio SFR Music cette semaine.


Des nouvelles de Marc Montméat !


Découvrez les 3 finalistes du concours "Meilleures Planches".

banniere
Disparition d'Eric Rohmer
- Focus
- Vidcast

Fondateur avec Godard, Truffaut et la bande des critiques/cinéastes des Cahiers du Cinéma de la fameuse Nouvelle Vague qui a marqué toute une génération, Eric Rohmer s'est éteint hier à l'âge de 89 ans. Cette disparition signe incontestablement la mort d'une étoile du cinéma français. SFR Jeunes lui rend hommage.
Quand on interroge les profanes sur le cinéma d'Eric Rohmer, deux sentiments assez paradoxaux se distinguent comme si Rohmer était à la fois le parangon d'un cinéma d'auteur infatué, à contre-courant et un des génies à jamais glorieux de l'époque d'émulation et de séisme artistique qu'incarnait La Nouvelle Vague. Mais au-delà de ces impressions péremptoires qui esquivent soigneusement la nuance, c'est bel et bien l'un des derniers grands réalisateurs français qui nous a quittés, laissant derrière lui par son influence et son génie une plaie indélébile dans le paysage cinématographique français.
Dès ses débuts, homme de lettres à l'esprit et aux idées aussi aiguisés que précis, Eric Rohmer a toujours conservé en lui une fibre critique, un sens inné de l'analyse qui lui permettait d'entretenir un regard lucide sur tous les aspects du cinéma. C'est en ce sens que Rohmer et ses compagnons François Truffaut, Jean-Luc Godard et consorts se tournent dans un premier temps vers la critique via Les Cahiers du Cinéma. Rédacteur en chef de 1957 à 1963, Rohmer aide à définir ce qui sera tout simplement une nouvelle façon de faire du cinéma. C'est également en ce sens que, passant alors à la réalisation, ces nouveaux cinéastes vont dans les années 60 à jamais forger l'identité d'un cinéma français, en la dégageant de l'ombre encombrante de l'industrie américaine pour participer à la formation de ce qu'on appelle aujourd'hui la fameuse exception du cinéma français.
Puriste par excellence, adepte d'un cinéma très littéraire avec des dialogues ciselés qui réinstaurent la primauté de la parole à l'instar des films de Marcel Pagnol, le cinéaste aimait, tel un marionnettiste, tisser de lentes narrations, mises en scène minimalistes parsemées de plans séquences donnant la primeur aux paysages à la lumière naturelle sans réflecteur ni artifice pour mieux développer ses personnages dans la profondeur et la complexité authentique qu'ils exigent. C'est ainsi que, farouche défenseur du cinéma d'auteur, Eric Rohmer écrivait seul ses scénarios, concevait seul ses adaptations (généralement proches du texte comme dans Perceval le Gallois qui a révélé le talent d'acteur de Fabrice Luchini). Tellement amoureux de littérature qu'il concevait ses films en cycles comme si, au bout du compte, l'intégralité de son œuvre ne pouvait se lire qu'en plusieurs chapitres d'une seule et même anthologie. Au tournant des années 60 et 70, ce sont les Contes Moraux avec Ma Nuit chez Maud en point d'orgue en 1969 qui consacre un Jean-Louis Trintignant alors au sommet de son rayonnement international. Succède le cycle des Comédies et Proverbes dans les années 80 (Lion d'or à Venise en 1986 pour Le Rayon Vert) puis les Contes des quatre saisons dans les années 90.
Cinéaste de la flânerie qui caresse l'atemporel, Eric Rohmer aimait travailler cette obsession de l'individu aux prises avec les banalités qui tracent les méandres du destin. Ainsi, lui arrivait-il souvent de faire la part belle aux jeux amoureux au gré du hasard comme dans Conte d'Eté où un Melvil Poupaud en plein dilemme, se trouve tiraillé entre plusieurs filles, parfaite illustration des enjeux insouciants mais labyrinthiques des amours de vacances. Un cinéma lettré donc, intelligent et d'un minimalisme qui refusait la compromission. Oui, c'était un peu ça, le cinéma rohmérien. Et aujourd'hui, à l'heure de sa disparition, les hommages sont unanimes. Eric Rohmer était tout simplement une légende du cinéma français.
Par Pascal Debomy







COMMENTAIRES
(1)
Laissez un commentaire
encore un grand de la nouvelle vague qui nous quitte, j'espère que le génie du cinéma français n'est pas derrière nous...
Par klr27 | Signaler un abus
Voir tous les commentaires