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Rock'n'Roll et Bande Dessinée : le destin mêlé de deux arts intimement liés
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Le rock (puis les musiques actuelles dans un sens plus large) et la bande dessinée ont toujours connu au fil des décennies des destins similaires. Autrefois contrecultures porteuses de valeurs subversives devenues aujourd'hui cultures à part entière dont le spectre s'étend du plus commercial au plus marginal, les deux médias n'ont jamais cessé de se croiser et/ou de s'inter-inspirer au fil des décennies, de Robert Crumb dans les années 60 à Franck Margerin dans les années 80, de Peter Bagge dans les années 90 jusqu'à nos jours, où le rock semble faire un vrai retour dans nos planches.
(© Höebeke)En France, c'est toute une génération biberonnée au rock qui prend aujourd'hui le crayon pour transmettre de manière plus ou moins directe cette passion qu'ils partagent pour beaucoup à parts égales avec la BD. Luz, Tanxxx, Manu Larcenet, Zep ou Guillaume Bouzard (qui ne manque jamais une occasion de rappeler au détour d'une case son amour pour Motörhead), l'ouvrage commun Rock Strips récemment sorti ou même les "concerts de dessins" ( Lire notre article à ce sujet) d'Angoulême (ou d'ailleurs), et la liste est encore longue…
Parmi ces passionnés, on trouve également Hervé Bourhis, auteur en 2007 chez Dargaud de l'excellent Petit Livre Rock, dans lequel il résume en dessins chaque année de l'Histoire du rock en mêlant faits historiques, illustrations, reproductions de pochettes voire éléments autobiographiques. À l'occasion de la réédition 2010 de l'ouvrage avec plus de trente pages inédites, SFR Jeunes Talents l'a rencontré pour vous.

Comment vous est venue l'envie de faire ce Petit Livre Rock ?
Je suis passionné de rock depuis que j’ai 14 ans et ça faisait un moment que je voulais lier cette passion à mon activité d’auteur de bandes dessinées. J’ai mis du temps à trouver la forme du livre de mes rêves. Je ne voulais pas en faire une BD classique, je voulais un patchwork organisé. J’ai eu le déclic en découvrant L’histoire du théâtre dessinée d’André Degaine, un surprenant bouquin complètement illustré et écrit à la main…
Ce livre est-il un prolongement de votre rubrique dans le magazine Magic! ?
C’est à peu près le même truc. En fait, cette rubrique a été reprise et remise en page dans la deuxième édition du Livre Rock qui vient de sortir. Ce sont les "Pop Battles", des comparatifs discographiques entre deux groupes contemporains. Avec des légendes façon commentaires sportifs. C’est très crétin.
Comment s'est passé le travail dessus ?
Depuis toujours, j’ai noté des choses sur le rock dans des cahiers : anecdotes, discographies… Donc on peut considérer que le travail de préparation a duré presque 20 ans, même si à l’origine je ne savais pas que je m’en servirai un jour. Ensuite, l’éxécution pure du livre a dû me prendre quelque chose comme deux ans. Le choix du format "45 Tours" vient des éditions Dargaud, mon projet était au format roman. C’est une excellente idée, n’est-ce pas ? Très logique, Très graphique, très pratique.
© Hervé Bourhis/DargaudAvez-vous dessiné directement les pages à ce format ou sont-ce des dessins séparés, plus grands, assemblés ensuite ?
En effet, ce sont des dessins sur feuilles volantes, scannés et mis en page sur ordi. Généralement, en bande dessinée, on travaille chaque planche en un bloc, et justement ça me plaisait de changer de technique.
Le livre parle de rock, mais aussi d'electro ou de hip-hop, pourquoi cette volonté de les inclure dans une définition très large du rock ?
Bon, je vais essayer de faire bref. Je fais commencer l’histoire du rock avant Elvis, à la fin des années 40. À cette époque, le terme même de rock’n’roll était employé, mais c’était un phénomène régional, aux USA. Cette musique était jouée presque exclusivement par des noirs. Donc avec ce point de départ, il semble logique de parler ensuite de rhythm’n’blues, de soul, de funk, de hip-hop. Comme l’électro, ces styles s’entremêlent avec le rock depuis longtemps. Les Beatles jouaient avec l’électronique dès 1966. Je n’ai pas une vision de puriste du rock. Au contraire, j’aime bien les mélanges. Même si ceux-ci ne sont pas tous réussis – je déteste le rock fusion des années 90 par exemple, tout comme le jazz-rock !
Aviez-vous en tête des références particulières en "BD rock" ?
J’aime le rock. J’aime la BD. Mais je n’aime pas tellement la "BD rock", parce que c’est l’auberge espagnole. Mais il y en a deux qui me viennent à l’esprit : Lock groove comix de JC Menu, et Ghost World de Daniel Clowes.
© Hervé Bourhis/DargaudEst-ce que, inversement, le rock s'est déjà tourné vers la BD ?
Oui bien sûr : il y a la pochette de Janis Joplin par Crumb en 68. Peellaert et ses pochettes des Stones et de Bowie… Plus près de nous, il y a le concept Gorillaz de Jamie Hewlett et Damon Albarn, où le dessin et la musique sont totalement liés.
Selon vous, pourquoi ces deux univers se marient-ils si bien ?
Ce sont deux genres qui ont longtemps vécu dans le même ghetto de la "sous-culture". Il a fallu attendre la fin des années 60 pour que le rock et la BD soient acceptés par les adultes et les "décideurs culturels". Les deux genres avaient un côté sulfureux dans les années 60-70, c’était ce que n’aimaient pas les parents. Aujourd’hui, on entend du rock dans les publicités, et on décore les auteurs de bande dessinée au Ministère de la Culture. Tout cela a bien changé.
N'y-a-t'il pas finalement chez ces deux médias un syndrome "High Fidelity" dans cette relation émotionnelle et affective qu'ils peuvent porter et/ou déclencher ?
Ce syndrome "High Fidelity", c’est se réfugier à vie dans le souvenir de son adolescence, quand on n’avait pas de loyer à payer et de l’argent de poche uniquement dédié à l’achat de disques ou de bouquins… La nostalgie de quand on était puceau et que chaque disque qu’on découvrait transformait notre vie.
© Hervé Bourhis/Dargaud
Michaël Rochette







COMMENTAIRES
(2)
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(suite du commentaire précédent...) ... affiche tant de maitrise et d'inspiration dès son premier film... notamment devant un sujet (Gainsbourg) qui était pourtant bien casse-gueule ?
Par photoman1976 | Signaler un abus
Juste une question comme ça : Comment ça se fait que les passages au cinéma de grands noms de la BD pourtant encore assez jeunes (Joann Sfar pour Gainsbourg, Marjane Satrapi pour Persepolis et, dans une moindre mesure, Riad Sattouf, pour Les Beaux Gosses) ont tous été des remarquables succès ? Pouvions-nous imaginer que l'auteur du Chat du Rabbin (certes, y avait déjà du talent, mais bon... ce n'était pas non plus immense, selon moi ;-)) ...
Par photoman1976 | Signaler un abus
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