Gilles Favier & Alain Bizos en interview : les membres du jury du concours ImageSingulières présentent leur sélection

Le 06/03/2012 à 07h03, par SFR Jeunes Talents

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vasilev123

Delafontaine

Gilles Favier & Alain Bizos en interview : les membres du jury du concours ImageSingulières présentent leur sélection

Mon premier est une sommité du monde de la photo. Mon second est un éminent photographe et directeur artistique. A la fois oeils avisés et regards de notre époque, Alain Bizos et Gilles Favier forment à deux (en l'absence de Pierre Barbot) un jury d'excellence pour le concours ImageSingulières (exposition du 17 mai au 3 juin). Au terme de leur réflexion pour choisir le binôme d'artistes qui aura la chance de réaliser un mois de résidence (à partir du 6 mars) sur le thème du littoral, ils ont finalement choisi Vladimir Vasilev et Léo Delafontaine. Et tout naturellement, ils nous expliquent pourquoi. Entretien.

 

Comment se sont déroulées les délibérations ? Quels ont été les critères pour effectuer votre sélection ?

Gilles Favier

Alain Bizos : D'abord, nous avons établi un critère d'unité de traitement et de point de vue par rapport au sujet. Certains ont tendance à envoyer des portfolios qui mélangent des choses et autres sans véritable cohérence. Nous recherchions quelqu'un sachant assumer un point de vue et une posture, aussi bien graphiquement que sur le fond.

Gilles Favier : Puis, naturellement, un premier écrémage naturel s'est opéré. Par exemple, actuellement, il est assez branché de faire du format carré ou du grand format. Or, nous voyons directement ceux qui font avec un petit appareil photo numérique des petits fichiers qu'ils recadrent en carré. Oui, nous avons vu assez rapidement ceux qui étaient sincères dans leur démarche et ceux qui tentaient de faire illusion. Nous nous sommes également assurés qu'il y avait derrière un véritable univers au-delà les séries présentées. Parce que, même nous, nous sommes incapables d'éditer notre propre travail...

Alain Bizos : Oui, l'editing est aussi important que la prise de vue. Il faut savoir être dur et installer un vrai point de vue avec les images. Certains en montrent presque trop.

 

 

Que pensez-vous de la qualité globale des artistes qui ont candidaté ?

Gilles Favier

Alain Bizos : Il y a de la qualité. Nous sommes assez rapidement tombés sur un groupe de 20 artistes très jeunes et incroyablement matures.

Gilles Favier : Les candidatures étaient d'ailleurs assez représentatives de ce qui se passe dans la photo ces derniers temps, c'est-à-dire que, jeune ou moins jeune, tout le monde pense aujourd'hui pouvoir facilement devenir photographe. Alors qu'au contraire devenir photographe requiert une certaine maturation, on apprend par les erreurs que l'on fait... C'est un métier et on arrive assez vite à discerner les travaux de bonne facture.

 

 

Qu'est-ce qui vous a particulièrement plu chez les deux lauréats Vladimir Vasilev et Léo Delafontaine ?

Gilles Favier : A la base, nous cherchions un binôme : un photographe dans une démarche plus "plasticienne" sur les paysages et un autre qui aurait eu une dimension "reportage" un peu plus sociale, en noir et blanc, capable de traiter les problématiques typiques du littoral comme l'habitat précaire ou la pêche.... 

Alain Bizos : Le hasard a donc fait que Vasilev présentait un très beau et très fort travail en N&B. A nos yeux, il est vraiment sorti du lot...

Gilles Favier : Oui, Vladimir Vasilev, on dirait du cinéma russe. Sa démarche est très slave, on sent que son art est très dramatisé. Ce n'est pas pour rien qu'il se réfère de Kusturica... Quant à Leo Delafontaine, il a déjà de nombreuses séries à son actif, il sait où il veut aller avec sa photo. Il a un style carré couleur déjà affirmé... Il lui reste à mettre un peu plus d’émotion dans ses photos, à déconstruire davantage ses images pour avancer.

 

 

 

Comment va se passer la résidence d'un mois et de quelle manière allez-vous intervenir au quotidien ?

Gilles Favier : Nous avons une structure de base à Sète autour de laquelle on construit le festival ImageSingulières. Nous allons leur apporter un vrai soutien logistique. Puis, nous allons réaliser un cahier des charges afin que je puisse voir des images toutes les semaines. Ils n'ont pas besoin d'être guidés artistiquement parce qu'on estime qu'ils sont assez matures dans leur écriture photographique, mais on va les soutenir pour qu'ils s'intègrent du mieux possible dans l'exposition.

 

 

Comment s'est conçu ce partenariat avec SFR Jeunes Talents ?

Gilles Favier : Il y a deux ans, nous avions décidé en marge des concours de collaborer et d'exposer Nicola Lo Calzo au sein de notre programmation. Et finalement, cette année, nous avions envie de les mettre dans des conditions de production avec le risque que ça comporte. Donc, nous sommes partis sur l'idée de faire un appel à résidence qui cadrait dans les normes de notre festival.

 

 

Quel regard portez-vous sur le label SFR Jeunes Talents au sein du monde de la photo ? A-t-il réussi à s'imposer selon vous ?

Gilles Favier : Il suffit de voir le nombre de gens qui candidatent. C'est impressionnant et ça signifie qu'il y a un réel appétit de photographie. Pour ImageSingulières par exemple, avoir 190 candidats, ça veut dire que SFR Jeunes Talents est une réelle opportunité de forger son art. Avant, il y avait la presse, les photographes pouvaient encore y fourbir leurs armes. Mais aujourd'hui, ce n'est plus aussi évident. Il faut bien comprendre la précarité des photographes actuellement. C'est particulièrement flagrant lorsqu'on voit que parmi les 190 candidats, il y a plus d'une dizaine de professionnels, des photographes d'agence, de signature et même des collectifs.

Alain Bizos : A notre époque, c'était aussi compliqué que maintenant de rentrer dans le métier, mais une fois qu'on y était, on en vivait très bien. Alors que maintenant...

 

Infos pratiques

Du 17 mai au 3 juin
Espace Paul Bové
34200 SÈTE
Tél. : 04.67.18.27.54

 


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