Julie Fischer : "J'aime qu'une image puisse exister sans contexte ni légende"

Le 20/02/2012 à 02h02, par SFR Jeunes Talents

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Dans cet article :

Julie FISCHER

Julie Fischer : "J'aime qu'une image puisse exister sans contexte ni légende"

Coup de coeur de la sélection SFR Jeunes Talents pour le Festival Circulation(s), Julie Fischer est ce que l'on appelle une photographe de l'indicible. Se plaisant à errer au milieu des paysages vierges, révélant la présence des êtres comme une rémanence intemporelle, l'artiste a accepté de se confier sur ces intentions et ces ambitions dans la photographie. A découvrir en interview et à partir du 25 février au festival Circulation(s), parc de Bagatelle.

 

Peux-tu nous résumer brièvement les grandes lignes de ton parcours photographique de tes débuts à aujourd'hui ?
J'ai commencé à faire des photos à la fin de mes études d'arts plastiques, et donc peu de temps avant d'entrer à l'école nationale supérieure de la photographie d'Arles, dont je suis diplômée depuis juin 2011. En 2010, j'ai bénéficié d'une bourse me permettant de résider plusieurs mois à l'Université d'art et de design d'Helsinki, et ceci a été déterminant dans mon parcours.

Quel rapport entretiens-tu avec la photo et comment y es-tu venue ?
La photographie était au départ un médium que j'expérimentais modestement parmi d'autres, tandis que je pratiquais essentiellement la peinture. Elle a fini par s'imposer au gré de nouvelles acquisitions de matériel et grâce au sentiment de liberté qu'elle me procurait. Aujourd'hui, ma pratique photographique reste marquée par la peinture tout en étant intimement liée à une autre activité qui m'est chère : la marche.

Tu as obtenu plusieurs distinctions récemment et ton agenda semble très chargé. Quelle valeur accordes-tu à ta sélection en tant que coup de cœur SFR Jeunes Talents pour le Festival Circulation(s) ?
Cette sélection est la cerise au sirop sur la chantilly du gâteau Forêt Noire que constitue ma sélection pour le festival Circulation(s).

Tes photos en Finlande paraissent très minimalistes et perturbantes. Que cherchais-tu à exprimer avec cette série exposée au festival Circulation(s) ?
Cette série d'images prend place en effet dans le contexte particulier de l'hiver septentrional. Cet environnement tient ici le rôle d'un révélateur, car dans ces paysages hostile et inhospitalier, je cherchais les traces des êtres persistants, les empreintes et les formes dans lesquelles semblaient s'accomplir le passage mystérieux du visible au caché, du solide au gazeux, de la mort à la vie...

Si on te dit que ce travail en Finlande rappelle un peu l'esthétique qui se dégage du roman Un Roi sans Divertissement de Jean Giono dans lequel la neige et le silence sont des protagonistes à part entière, le parallèle te semble-t-il justifié ?
Oui, cette référence se justifie à plusieurs égards. La neige y tient ce rôle ambivalent de couverture, de dissimulation, et en même temps de révélateur et de liant. Dans cet environnement particulier où tout semble incolore et pétrifié, les forces de vie persistantes surgissent avec d'autant plus de vigueur. La vision du sang sur la neige, récurrente dans le récit de Giono, fait vaciller les protagonistes par sa beauté primitive. Quant au silence, Denis Roche écrit simplement ceci à propos de la photographie : "Le silence a une surface." J'ai donc le sentiment d'un accomplissement, à photographier une surface blanche dans un environnement sourd, qui plus est foulé par des êtres muets...

Quels sont les artistes qui ont nourri ton oeil photographique ?
Sally Mann, Pennti Sammatathi, Dieter Appelt, Marc Trivier, Eric Poitevin, Edward Weston, Esko Männikkö, Sophie Ristelhueber, Elina Brotherus, Roni Horn....

Qu'attends-tu de ton exposition au festival Circulation(s) ?
Je pense qu'une telle occasion suscite forcément des rencontres, de quelque nature que ce soit.

Peux-tu nous révéler ta façon de faire pour la réalisation d'une série entre le moment où germe l'idée et la sélection finale de tes photos ?
Je photographie beaucoup et je garde peu. Ce sont moins des idées que des intuitions qui précèdent véritablement les prises de vues. Si je me rends dans certains lieux et que je provoque certaines situations, c'est guidé par l'intuition que je pourrais en tirer des images, et non pas parce que j'ai a priori envie de raconter quelque chose sur ces lieux-là. Avant de construire la série, il me faut du temps pour mettre à distance les circonstances dans lesquelles ont été prises les photographies, car j'aime qu'une image puisse exister à l'écart de son contexte, sans légende. Tout ce que je peux dire, c'est que c'est un processus très lent.

Quelle est ton ambition dans la photographie ?
Chercher l'équilibre.

 

Infos pratiques

• Horaires et tarifs

Du 25 février jusqu’au 1er mars 2012 :

- du lundi au vendredi : de 11h à 17h
- samedi et dimanche : de 11h à 20h

Du 2 mars jusqu’au 25 mars 2012 :

- du lundi au vendredi : de 11h à 18h30
- samedi et dimanche : de 11h à 20h

=> Entrée libre

• Accès


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