Pierre Anthony Allard : "L'idée de transmettre mon expérience aux plus jeunes me plaît beaucoup"

Le 17/07/2012 à 02h07, par SFR Jeunes Talents

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Pierre Anthony Allard : "L'idée de transmettre mon expérience aux plus jeunes me plaît beaucoup"

Mettre en lumière l'anonymat... Jusqu'au 20 juillet, le concours SFR Jeunes Talents Polka 2012 invite les photographes amateurs à tirer le portrait d'une personne de leur choix sur le thème « Star du Jour ». Objectif pour les lauréats : être exposés à la galerie Polka et être publiés dans le magazine Polka. Rencontre avec Pierre-Anthony Allard, parrain du concours et ancien directeur artistique du mythique Studio Harcourt.

Rencontre avec Pierre Anthony Allard

Pourquoi êtes-vous devenu le parrain du concours SFR Jeunes Talents Polka ?

L'idée de transmettre mon expérience aux plus jeunes me plaît beaucoup. J'ai démarré la photo tout seul. Personne ne m'a aidé et j'aurais bien aimé qu'on me donne des astuces pour me faire gagner du temps...

En quoi consiste ce concours et à qui s'adresse-t-il ?

Il s'adresse à tout le monde. Les participants doivent poster sur le site du concours une série de photos autour du thème « Star d'un jour ». Sur les 100 dossiers sélectionnés, le jury élira 3 lauréats qui seront exposés à la galerie Polka. L'une de leurs photos sera également publiée dans le magazine Polka.

Quels conseils donneriez-vous aux participants ?

Oubliez vos références, soyez les plus vrais possible et surtout, allez au Louvre avant de participer au concours. L'école de la peinture est celle des photographes. Les proportions et les compositions ont toutes été déjà faites par les grands-maîtres. Il y a des règles à respecter.

Qu'attendez-vous d'eux ?

D'être étonné. J'ai un côté très candide et je suis toujours ébahi par le travail des autres. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas mon oeil. Je ne peux pas être à leur place et ils ne peuvent pas être à ma place.

Pourriez-vous revenir sur la technique du portrait en photo ?

Il n'y a pas vraiment de méthode pour le portrait. C'est un sentiment. Une démarche personnelle et instinctive. Souvent, des gens éprouvent une certaine pudeur face à l'objectif. Il faut les faire parler et provoquer de l'émotion. Ce métier nécessite par conséquent d'être un peu psychologue si l'on veut développer une relation de confiance. Pour photographier les gens, il fait aimer les gens.

Quelle importance a la lumière ?

Elle est essentielle dans la fabrication du portrait. La lumière a une forme, une appréhension et se réfléchit. On ne l'invente pas, elle relève du rêve, de l'admiration, de l'élégance... Quand on travaille en studio ou en intérieur, on peut parler de mise en scène photographique car l'éclairage révèle la personne en face de vous.

Que pensez-vous de l'implication de SFR Jeunes Talents dans la photographie ?

C'est une démarche précieuse. Elle permet à des photographes talentueux de s'exprimer face à des professionnels et d'avoir une chance de percer dans le métier.

Comment avez-vous découvert la photo ?

J'ai acheté mon premier appareil photo à 19 ans lors d'un voyage à New York. J'étais comme un dingue et faisais des tas de photos dans la rue. A mon retour en France, j'ai continué mais sans plus. Je voulais faire une école de cinéma, mais j'ai loupé les concours. En1983, je suis donc allé séduire le directeur du Studio Harcourt pour apprendre la lumière de cinéma.

Racontez votre parcours au Studio Harcourt...

J'ai commencé au bas de l'échelle. Je saisissais des données informatiques et récupérais des négatifs... J'ai appris la photo en faisant des tirages, car c'est sur le négatif qu'on apprend où est disposée la lumière. Je passais des heures en chambre noire à essayer de la domestiquer. Parallèlement, je voyais beaucoup de films pour observer le travail des chef-opérateurs aux Etats-Unis et en France des années 30 à 50. Le Jour se lève de Marcel Carné, Sunset Boulevard de Billy Wilder... Cette culture est essentielle au photographe. Puis, j'ai réalisé mes propres portraits pour le Studio.

Vos meilleurs souvenirs ?

Mes séances photos avec Carole Bouquet, Laetitia Casta, Vincent Lindon... Mais le plus émouvant remonte au jour où une femme très élégante m'a demandé : « Pouvez-vous faire mon portrait ? Je vais mourir dans deux mois et j'aimerais laisser ça à mes enfants ». La grandeur d'Harcourt repose sur les particuliers, plus que sur les stars qui sont souvent pressées ou blasées. C'est un cabinet de psychanalyse extraordinaire car les gens viennent transférer leurs délires sur papier glacé.

Comment définiriez-vous la griffe Harcourt ?

Du tirage et de l'éclairage empruntés au cinéma avec une certaine idée de la perfection pour que l'être devienne une icône.

Vos maîtres à penser en photographie ?

Le portraitiste américain Steichen, Newton car il a inventé le stylisme et l'art de la mise en scène, Cartier-Bresson pour le reportage évidemment ainsi qu'Elliot Erwitt de l'Agence Magnum.

Que faîtes-vous depuis votre départ du Studio Harcourt en 2008 ?

Je suis photographe indépendant. Cela me permet de faire des sujets extrêmement variés et de me remettre en question à chaque fois. En 2010, j'ai réalisé un reportage sur les kiosquiers parisiens confrontés à la chute des ventes de la presse. C'était une forme d'hommage à leur disparition inéluctable. Le magazine Polka a publié une photo de la série et m'a proposé un reportage sur l'insertion des populations noires à Paris, puis des portraits de politiques durant la campagne présidentielle. Mes photos de kiosquiers seront d'ailleurs exposées en mars 2013 devant la Mairie de Paris.

Propos recueillis par Eléonore Colin

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