Reza : "Je suis convaincu que l'image est un vecteur de changement social, c'est pour cette raison que j'ai lancé le concours de photographie Children's Eyes On Earth"

Le 12/09/2012 à 11h09, par SFR Jeunes Talents

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Reza : "Je suis convaincu que l'image est un vecteur de changement social, c'est pour cette raison que j'ai lancé le concours de photographie Children's Eyes On Earth"

Son action pour rendre le monde un peu meilleur chaque jour est connue et reconnue de tous. Dans la continuité de ses projets d’éducation visuelle avec les jeunes générations, Reza a décidé d’initier un projet de e-learning, par un concours international de photographie intitulé Children's Eyes On Earth, dont la première édition est soutenue par l’ONG IDEA (International Dialogue for Environmental Action). Ouvert à participation jusqu'au 15 septembre 2012, cet événement offre l'opportunité à chaque jeune de moins de 17 ans de proposer ses images autour du thème "J’aime la Nature, J’ai peur de la Pollution". Reza nous présente son projet.

 
Reza

Quelles sont les grandes lignes de conduite et les méthodes d'éducation visuelle qui guident votre engagement social depuis maintenant 30 ans ?

Mon seul souci, c'est de susciter une passion pour l'image et donner un champ d'ouverture très large pour utiliser l'image comme moyen d'expression.  

D'où viennent les racines de votre engagement humaniste ?

Cet engagement prend sa source dans deux racines. La première, c'est mon enfance passée entre deux cultures, persane et azerbaïdjanaise. Ces deux cultures, qui ont couvert à un moment de l'histoire, une grande partie de l'Asie, du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord, m'ont permis de mieux comprendre les bases de ces sociétés et de ces peuples, leurs souffrances (notamment en couvrant conflits, guerres fratricides et exodes dans de nombreux pays de ces régions) et leurs joies. La deuxième, c'est le rapport créé avec ces êtres humains, grâce à la photographie. Cette méthode de mise en relation avec ces peuples m'a ouvert une connaissance plus profonde de leurs souffrances. Ce sont ces rencontres qui m'ont permis de comprendre que, au-delà de mon travail de témoin visuel, je pourrais et je devrais agir aussi en tant qu'acteur humanitaire.

En quoi le pouvoir de l'image est-il aujourd'hui plus que jamais essentiel dans la formation des jeunes générations ?

La jeune génération est née avec l'omniprésence de l'image. Pour autant, elle la subit plutôt qu'elle ne la maîtrise. Transmettre l'alphabet de l'image, c'est permettre aux plus jeunes de connaître un langage universel qui les positionnera résolument sur le "global".

Children's Eyes on Earth


En quoi consistent les projets pédagogiques que vous pilotez actuellement ?

Convaincu que l'image est un langage universel, vecteur de changement social, j'ai commencé en 1983 des formations à la photographie dans les camps de réfugiés au Pakistan. C’est le début d’un engagement bénévole personnel qui m'a conduit à fonder en 2001 l’ONG Ainaworld. Celle-ci s’engage en faveur de l’éducation des enfants, de la formation des femmes aux métiers de la communication et de l’information, aujourd’hui en Afghanistan, demain dans d’autres pays du monde. En 2009, j'ai initié un programme de formation à la photographie destiné aux jeunes de Librino, banlieue populaire de la ville de Catane (Sicile). Au fil de ces rendez-vous mensuels avec les adolescents, la photographie maîtrisée est devenue un vrai moyen d'expression. Sur ce modèle, en parallèle de mon exposition "Entre Guerres et Paix" à ciel ouvert sur les berges de la Garonne à Toulouse  (Septembre - Novembre), j'entame un programme pédagogique à la Reynerie - quartier dit sensible de la ville : je vais former plusieurs photographes, puis 50 jeunes à l’alphabet universel de l’image. Ce projet est un prélude à la Maison de l'Image en préparation dans le quartier. Enfin, je suis convaincu de l'importance du e-learning pour éduquer les générations futures. C'est pour cette raison que j'ai lancé récemment un concours international de photographie pour les enfants et adolescents, Children's Eyes On Earth.

Qu'est-ce qui vous étonne le plus dans les photos réalisées par des enfants ?

Leur sincérité, leur spontanéité et leur angle de vue (plus bas que celui des adultes).

 


"L'art est l'une des meilleures solutions pour tisser des liens profonds et améliorer la compréhension entre les cultures et les peuples."


Qu'est-ce qui pourrait être encore améliorer à l'heure actuelle dans l'articulation entre pédagogie sociale et art ?

L'art est la solution. De manière générale, l'art est l'une des meilleures solutions pour tisser des liens profonds et améliorer la compréhension entre les cultures et les peuples. Cette connaissance mutuelle de l'autre aboutira, à plus long terme, à un monde plus juste.

 

Pouvez-vous nous expliquer brièvement le principe du concours Children's Eyes On Earth que vous avez lancé avec l'ONG IDEA ?

Le Concours International de Photographie, Festival et Exposition 2012 “Children’s Eyes on Earth” a pour objectif de faire prendre conscience aux plus jeunes, à travers l'usage du medium photographique, de questions environnementales majeures, et plus largement de les inciter à regarder le monde autrement. En exprimant leur perception de la nature, les enfants et adolescents du monde entier, unis autour d’un même thème “J’aime la Nature, J’ai peur de la Pollution”, attire l'attention sur ces enjeux d'avenir. Personne ne saurait rester insensible à cette approche. Nous devons nous mobiliser et agir pour la planète. Le défi est immense. Il leur faut appréhender et illustrer l'environnement à travers la photographie. C'est pour chacun d’eux une occasion unique d'explorer l'image comme langage universel pour aborder ces questions cruciales et les partager largement avec leurs familles, les décisionnaires et la communauté mondiale. Avec l'ONG IDEA (International Dialogue for Environmental Action), nous avons voulu donner à cet événement une dimension internationale. Pour clore l'événement, un festival et une exposition débuteront en octobre 2012 à Bakou, en Azerbaïdjan, puis circuleront dans les principales villes à travers le monde. Ce concours se déroule sur le site www.childrenseyesonearth.org jusqu'au 15 septembre 2012, il est ouvert à chaque jeune de moins de 17 ans. Un jury international composé de personnalités des médias et de la photographie sélectionnera les lauréats selon des critères d'originalité, de créativité, de qualité et de pertinence par rapport au thème. Un prix spécial sera décerné par un vote des internautes. Les résultats du concours seront annoncés le 2 octobre 2012.

Quel est son objectif à terme ?

Il s'agit de créer une grande plateforme qui rassemblera une communauté internationale de jeunes maîtrisant le langage de l'image. Elle réunira des institutions et fondations qui veulent utiliser ce langage universel pour sensibiliser à des causes qui nous concernent tous.

Children's Eyes on Earth


Qu'est-ce qui vous a décidé à initier ce projet ?

 

Ce projet s'inscrit dans la continuité de mes actions de formation sur le terrain que je mène a titre personnel, mais également portées par des structures associatives depuis les débuts en 1983. Le recours à Internet permet de transmettre largement grâce au e-learning, de toucher un plus large public. Ce concours, à travers l'animation de son site, de ses pages Facebook et Twitter, a permis régulièrement de partager du contenu lié à la thématique de cette première édition mais aussi et surtout, lié à la photographie. C'est une sorte de début de cours en ligne ! Car pour moi, un cours suscite l'intérêt et la réflexion. Enfin, il s'agit de permettre à ce public intéressé (interactif, participant à des échanges et des conversations) de faire partie de cette communauté animée d'une même passion, dialoguer par l'image, c'est pour moi un objectif. On contribue ainsi à repousser les frontières de tout ce qui sépare. Imaginez, à ce jour, nous avons des participants issus de 88 pays... !

Sentez-vous naître, en 2012, une prise de conscience plus accrue quant aux problématiques sociales et environnementales ?

La crise de 2008 a permis une prise de conscience de la citoyenneté, chaque personne devient un peu plus acteur de notre monde, de moins en moins passif. Certaines entreprises commencent également à se positionner différemment, en participant à leur niveau, à cette marche amorcée vers un monde plus juste.

Participez au concours Children's Eyes on Earth

Children's Eyes On Earth
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