Vladimir Vasilev en interview : "C’est un honneur d’exposer au festival ImageSingulières"

Le 17/04/2012 à 04h04, par SFR Jeunes Talents

Partager

Dans cet article :

vasilev123

Vladimir Vasilev en interview : "C’est un honneur d’exposer au festival ImageSingulières"

Pleines de vie et d'émotions, les photographies en noir et blanc de Vladimir Vasilev lui avaient permis de remporter le concours SFR Jeunes Talents / ImageSingulières en mars 2012. Après avoir réalisé une résidence d'un mois pour une carte blanche dans le Languedoc-Roussillon au côté de Gilles Favier et de ses équipes, le jeune photographe bulgare expose ses photos au Festival ImageSingulières du 17 mai au 3 juin. Rencontre avec un photographe à l'approche profondément humaniste.

 

Peux-tu nous expliquer ton parcours ? D'où viens-tu et depuis quand pratiques-tu la photographie... ?

 

portrait de vladimir vasilev

 

Je viens de Bulgarie, il y a 10 ans je me suis installé en France. Je fais de la photographie depuis mon plus jeune âge et parallèlement aux études d’ingénieur civil, j’ai commencé en tant qu’assistant photographe et éclairagiste dans un studio publicitaire à Sofia en 1998. C’était un bon apprentissage technique dans la photographie. A part ça, je continuais à développer des projets personnels dans la photographie engagée. J’ai pris la décision de quitter mon pays en 2001 dans le but de faire de la photo. Ma régularisation en France a pris de nombreuses années, avant que je puisse m’y consacrer entièrement. Depuis 2009, je suis photographe indépendant, et j’ai participé à de nombreux festivals et expositions.

 

En évoquant ton travail, Gilles Favier, directeur artistique du festival ImageSingulières, cite volontiers le cinéma russe et Kusturica, es-tu d'accord avec cette filiation ?

Evidemment je suis d’accord. Je suis influencé par le cinéma russe. La Russie et la Bulgarie pendant le régime du communisme avaient des liens très proches, dans lequel j’ai vécu jusqu’à l’âge de 15ans. Effectivement, la culture russe et sa langue nous étaient imposées à l’école, dans les théâtres, dans les médias, au cinéma. Et ça a donné une influence importante à mon « art », je pense. Je m’inspire beaucoup également d’Emir Kusturica, cinéaste serbe dont les codes et les scènes, souvent absurdes et ironiques, représentaient mon quotidien en Bulgarie. Quand je fais mes histoires photo, je cherche inconsciemment ces moments.

 

Tu viens d'achever un mois de résidence sur la côte méditerranéenne pour traiter de la problématique du littoral. Comment cela s'est-il passé ?

Ce reportage était un challenge pour moi car c’est pour la première fois que je réalise une telle commande photographique en France. C’était très intéressant car mon but était d’accéder aux foyers des gens, approcher leur intimité, vivre leur quotidien et sentir leurs difficultés. Pour traiter l’habitat précaire, je me suis approcher des  gens qui vivent dans des caravanes, à Sète, j’ai passé des journées entières avec eux jusqu’à devenir invisible et faire ma photographie. De la même manière, je me suis intégré dans la vie des pêcheurs des étangs d’Ayrolle et de Campignol, pendant une bonne semaine. Je suis reparti de ce lieu comme un ami. Pour la partie « paysage », je suis allé une semaine à Vias-plage. Je retrouvais  plutôt un camp de prison, plutôt qu’une station balnéaire. A chaque semaine, j’ai synchronisé mes prises de vue avec Gilles. J’ai fini le reportage autour de la dernière semaine du mois, et il restait à faire le choix pour l’exposition. Ce fut un long travail de sélection.


 


Quel est ton sentiment sur la programmation d'ImageSingulières et le fait d'y être intégré ?

 

C’est un honneur d’exposer à ImageSingulières et de voir mes photos à côté des photographes tels que Rafael Trobat et Sébastian Liste. J’ai déjà visité la galerie où l’on va être exposé avec Léo Delafontaine, et c’est une place magnifique, immense. C’est une grande occasion de faire connaissance avec un grand nom de l’agence Magnum, Christopher Anderson.

 

Quel angle as-tu retenu pour orienter ton travail sur place ?

Ma démarche sur le terrain était assez sociale, une démarche que j’adopte à chaque reportage en Bulgarie, qui signe mon identité photographique. C’est du noir et blanc, très dur et contrasté avec beaucoup de noir. Je cherche toujours à rencontrer les gens, à les connaître. Cette approche prend du temps, des fois la prise de vue arrive bien plus tard.

 

Avais-tu déjà réalisé des résidences de ce type par le passé ?

Non, c’est la première fois que j’ai une commande de ce type. Tous les reportages effectués étaient de ma propre initiative.

 

Quel soutien t'ont apporté Gilles Favier et les équipes du festival au quotidien ?

Gilles m’a beaucoup aidé, dans la recherche de places éventuelles qui peuvent m’intéresser en fonction de ma photographie. C’était des conseils précieux qui m’ont permis de vite me retrouver sur le terrain. Chaque semaine je faisais un point avec lui. Dans ce genre de reportage, je pense que l’opinion personnelle est assez relative, et j’avais besoin d’un avis professionnel comme le sien. Etre toujours dans la bonne direction, ne pas tourner en rond. Et encore plus pour la dernière semaine quand il fallait choisir l’histoire. Il est difficile de choisir seul ses photos, et un point de vue extérieur est nécessaire. On a pris du temps ensemble pour regarder toutes les planches contacts, et par élimination on est arrivé à la série d’exposition. Concernant le reste de l’équipe, c’était vraiment une base logistique concernant le transport, le déplacement, le logement, etc. Je pouvais à tout moment compter sur eux.

 

Que représente pour toi cette opportunité que t'a offert SFR Jeunes Talents ?

De connaître Gilles Favier, d’être guidé par lui dans mon travail. J’ai appris beaucoup de choses à ses côtés. Réaliser un travail photographique sur un thème donné, pendant un mois avec un budget, me met dans de vraies conditions de photo-reporter. C’est une grande occasion pour moi de poursuivre un travail engagé, que j’aime faire, et d’être vu par le monde de la photo.

 

Quelle est ton ambition pour ces prochains mois ?

Je ne compte pas m’arrêter là. J’ai l’intention fin juin de retourner voir les pêcheurs pour continuer le reportage et pourquoi pas exploiter le sujet de la pêche industrielle. En Bulgarie, je suis sur un projet « Gladiators » concernant le sport de libre combat ("free fight") que j’ai déjà bien entamé, et je pense y retourner prochainement.

 

En savoir plus...

Lire l'interview de Gilles Favier
Voir le site officiel Vladimir Vasilev
Voir le site officiel du Festival ImageSingulères

 

Infos pratiques

Du 17 mai au 3 juin
10 lieux d'exposition;
34200 SÈTE
Tél. : 04.67.18.27.54

 


Agrandir le plan

 

Partager
Signaler
Rencontres d'Arles 2012 : présentation des lauréats !

Rencontres d'Arles 2012 : présentation des lauréats !

François Hébel en interview : "La photographie n’a que 170 ans et son histoire reste à écrire"

François Hébel en interview : "La photographie n’a que 170 ans et son histoire reste à écrire"