• Emilie Arfeuil
    Emilie Arfeuil
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  • Née à Clermont-Ferrand en 1983, vit et travaille à Paris.
    Depuis ses 15 ans, elle pratique la photographie en autodidacte et expose très jeune dans des festivals et galeries auvergnates.
    Après des études de Cinéma à la Sorbonne, elle occupe différentes fonctions, de première assistante ...
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    Née à Clermont-Ferrand en 1983, vit et travaille à Paris.
    Depuis ses 15 ans, elle pratique la photographie en autodidacte et expose très jeune dans des festivals et galeries auvergnates.
    Après des études de Cinéma à la Sorbonne, elle occupe différentes fonctions, de première assistante réalisatrice à directeur de la photo, sur des courts-métrages, des clips et des publicités. Au fil des rencontres, elle rencontre le milieu de la mode parisienne et de la photographie publicitaire où elle évolue en photographe freelance et directeur artistique pendant plusieurs années.
    Aujourd’hui, elle se consacre essentiellement à des projets personnels, majoritairement documentaires, et élabore des séries pour des expositions et la presse. Son travail repose sur des ambiances au sentiment de "temps suspendu", inspirées par la peinture réaliste et le cinéma, avec une dimension sociale toujours présente.


    Expositions et prix

    2012
    « Scars of Cambodia »: Projet web-documentaire co-réalisé avec Alexandre Liebert (en cours de production)

    Lauréate 30 under 30 women photographers 2012

    "Paris les Halles: regards d'aujourd'hui" (Sfr Jeunes Talents): exposition simultané au Forum des Halles et durant l'exposition Doisneau à l'Hotel de Ville

    2011
    Lauréate Sfr Jeunes Talents "Paris les Halles: regards d'aujourd'hui" en tutoriat avec Patrick Tourneboeuf (Collectif Tendance Floue)

    Galerie 106, Paris: "Sang-mêlé"

    10 Gales Contemporary Art Space, London: "Sounds"

    Galerie 106, Paris: "Peeping Tom"

    Mairie de St Denis (93) / Siège de Vente Privée: "Femmes de la Plaine"

    Maison de quartier de La plaine St Denis (93) / Siège de Vente Privée: "Figures de la Plaine"

    2010 Siège de Vente Privée (93): "Responsabilité"

    2009 Siège de Vente Privée (93): "Europe"
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Emilie Arfeuil : Ce qu'en pensent les pros

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    Ce sont ceux que l’on ne voit pas, que l’on ne voit jamais. Les soutiers de cet énorme paquebot de la consommation amarré au cœur de Paris, les Halles, rebaptisé Forum, même s’il n’a plus rien à voir avec ce que fut le lieu des échanges de parole et d’idées. Ils sont là dès sept heures du matin, bien avant que les commerces ne se mettent à ... Lire la suite

    Ce sont ceux que l’on ne voit pas, que l’on ne voit jamais. Les soutiers de cet énorme paquebot de la consommation amarré au cœur de Paris, les Halles, rebaptisé Forum, même s’il n’a plus rien à voir avec ce que fut le lieu des échanges de parole et d’idées. Ils sont là dès sept heures du matin, bien avant que les commerces ne se mettent à commercer. Ils nettoient, déblaient, évacuent, font disparaître les tonnes d’immondices qui s’accumulent là chaque jour. Tous les détritus, des montagnes, des volumes à la dimension du flot de visiteurs, de passants, de mangeurs, de pollueurs, de salisseurs qui ont traversé les niveaux ou s’y sont attardés. Vision de cauchemar, au-delà du dicible. Et c’est chaque jour, sans fin. Ils sont au plus profond, dans les véritables bas fonds. Ils transportent, dans des sacs de plastique noir, au moyen de machines, tout qu’il faut faire disparaître du regard pour que la machine puisse continuer à fonctionner comme si de rien n’était. Pour que l’œil ne soit pas agressé par ces reliquats, ces déchets à moitié digérés par la bête qui les a produits. Chaque jour. Chaque matin, à la première heure. Ils donnent l’impression, titanesque, de tenter d’échapper à ces masses dangereuses qui risquent de les engloutir. Perdus dans une marée noire qu’ils doivent évacuer. Ca, ce sont les ordures, ce qu’il y a de plus spectaculaire quand un ouvrier, presque écrasé contre la paroi d’un monte charge, emporte les ordures dont le poids exige que l’on les manipule sur une palette. Mais il y a aussi tous les autres aspects, toutes les autres salissures, qu’il faut effacer elles aussi. Celles que l’on voit vraiment comme celles que l’on voit moins et qui se révèleraient et deviendraient indélébiles si on ne les traitait pas au quotidien. Pour ces travaux de maquillage matinal Emilie Arfeuil, qui œuvre dans une approche documentaire actualisant bien la tradition du reportage, a su trouver une tonalité plus légère, avec quelques pointes d’humour bien venues. Comme quand, par exemple, le dépoussiérage vain de la statue en marbre rose installée au cœur du Forum donne lieu à une amusante anecdote visuelle ou que, activité qui ne résoudra jamais la saleté, un ouvrier brique l’inox au bas d’un escalator, seul. Anecdote visuelle encore, toujours efficace, quand le laveur de carreaux, dans une gestuelle parfaite, inscrit le blanc de son mouvement sur la vitre et que l’on ne sait comment interpréter le « Tirez » qui se répète sur les portes. Au-delà de la sensation de flétrissure, c’est la lumière dure dans lequel baigne tout cet univers qui nous glace. Néons, éclairant parfois à peine, ou bien clarté trop forte lorsque l’on écarte une porte rouge, ou encore, pour une ambiance polar, ce rayon vert – sans poésie ici – qui désigne une serrure que le bras rouge va ouvrir, ou forcer. De tout cela on garde à la fois le sentiment de l’effort physique de ces travailleurs, en très grande majorité immigrés africains, comme oubliés dans des espaces inhospitaliers auxquels le public n’a pas accès et que, de toutes façons, on lui cache pour qu’il ne prenne pas la mesure de cette démesure. On préfèrerait pourtant conserver seulement, comme un petit miracle, ce grand sourire dans un visage tacheté de mousse blanche, comme une jolie plaisanterie des premières heures du jour. On se demande comment il est possible et l’on doit vite admettre qu’il est bien seul. Christian Caujolle.

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    Caujolle Christian , sfr jeunes talents

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